Serpentine rouge (Jimmie Durham)

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Symptômes du détail

Dans la sculpture du Laocoon en lutte avec les serpents, A. Warburg trouve un pathos du langage des gestes qui deviennent ses leit-motivs : la ligne serpentine, le mouvement, la souffrance et la jouissance. La question qui le pousse est celle de dévoiler le sens authentique de la Renaissance de l’Antiquité, puisqu’il ne se satisfait pas des interprétations qui font autorité dans la question, comme celles de Johann Winckelman ou G.F. Hegel. Pour lui, autant l’Antiquité que la Renaissance semblent traversées par des contradictions intrinsèques entre les éléments appoliniens et dionysiaques. Plutôt qu’à la sérenité et beauté classiques, A. Warburg s’intéresse à la dialectique du style, à ce qui fait symptôme dans l’image, qu’il condense dans un de ses aphorismes les plus connus : "Le bon Dieu est dans les détails". Et le détail compte pour le tout : pour lui, l’art n’est pas une simple question de goût mais une question vitale, car il est "au centre remous de la civilisation" [8, p 143]. Son travail anticipe Walter Benjamin sur le terrain de l’analyse des différentes "valeurs" de l’œuvre d’art - valeurs esthétiques, cultuelles, d’exposition ou de réproduction -, impliquées par les usages sociaux des pratiques artistiques, ces mêmes valeurs qu’il voit danser frénétiquement avec la modernité technologique. Inspiré par les théories de "la polarité" véhiculées par le romanticisme allemand de son temps – Johann W. Goethe, mais aussi F. Nietzsche -, l’art lui paraît être le lieu d’un frémissement de la subjectivité créatrice entre un pôle d’angoisse constituante et la contemplation mathématique de la pensée. Dans ce processus de "pansement par le symbole", se créent des intervalles où prennent place les images des arts plastiques, mais aussi les fêtes, le théâtre, la musique et la danse, véhicules dionysiaques de la jouissance de la vie. Dans le sillage de F. Nietzsche [19], il y voit l’entreprise de libération à travers la création artistique de la condition tragique de l’existence, à l’échelle individuelle et collective. Un procès dont l’imaginaire est la substance et le travail historique de la culture l’opérateur.

Eduardo Mahieu

http://eduardo.mahieu.free.fr/2008/warburg_fuite.htm

Œuvre

TitreSerpentine rouge
Description
L’étrange animal “industriel” qui surgit sur le ponton est constitué de tubulures qui évoquent un serpent de mer ou un dragon de plus de 40 m de long. Il sort du fleuve, rampe et se dresse face à la Loire, “gueule ouverte” tel le Léviathan. La figure du serpent et l’utilisation de tubes industriels sont récurrentes dans l’œuvre de Jimmie Durham. Le serpent symbolise notamment le fleuve et le tube représente un “conduit” pour l’imagination permettant de décloisonner – tout en les reliant – espaces et hiérarchies : eau/ciel, dessus/dessous, visible/invisible, passé/avenir…
Date2009
Naturepérenne
Contexte de production
Manifestation Estuaire 2009
État de conservationbon état
Précision sur l'état de conservationdéjections animales
Périodeart contemporain
Domainesculpture monumentale
Couleurrouge
Matériaumatière plastique
Précision sur les matériauxPVC
Diamètre (m)1
Précision sur les dimensions40 mètres de long
Sujet représentéserpent, dragon
Mots clésserpent;ligne serpentine;dragon;fleuve;industrie;tuyau
InfluencesDavid Hammons
À influencéMathieu Mercier
CommissaireVirginie Pringuet
Partenaires privésDCNS; IXO
Maîtrise d'œuvre déléguéeGrégoire Cartillier
CRDC / Estuaire
PropriétaireCRDC

Site

LieuDCNS
VilleIndre
DépartementLoire-Atlantique
RégionPays de la Loire
PaysFrance
Détails sur le site
Quai de l'entreprise DCNS
Visibilité
depuis le bac assurant la traversée de la Loire
PMRaccessible, sans aide, aux personnes à mobilité réduite
Points d'intérêt
Ermitage de Saint-Ermeland à proximité
Latitude/Longitude47° 11′ 48″ N
1° 40′ 40″ O

ATLAS

Construction / installation / Montage

Autres prises de vues









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Fichier:Serpentinerouge.jpg